vendredi 7 décembre 2012

Giotto et les fresques de St François


 Les fresques de la vie
de saint François d'Assise
sur les murs  de la basilique Saint-François
 de la ville d'Assise en Italie, réalisées par Giotto vers la fin du XIIIe siècle
use de la
--> technique du trompe-l'oeil : le rideau est peint au-dessus des scènes de la vie du saint jusqu'au cadre architectural fictif qui encadre chacune d'elles.
Nef de l'église Supérieure à Assise

Chaque baie de la nef est divisée en trois parties (quatre dans le cas de la baie la plus large près de l'entrée) par des colonnes torsadées s'élevant depuis la base de la peinture. Les scènes de la vie de saint François sont ainsi peintes comme si elles avaient été conçues dès la construction de l'église.
Plan de la nef et emplacement des 28 fresques









Les fresques racontent la vie de saint François : la vocation, le renoncement aux biens de ce monde, le Latran qui croule, la rencontre avec le Sultan d'Égypte, le prêche aux oiseaux, l'exorcisme …

L'exorcisme de St François

 Le Crucifix de Saint-Damien lui ordonne de réparer les ruines de l'église.


               St François renonce à tout bien terrestre, malgré la colère de son père,
et se réfugie dans les bras de l'évêque Guide 
 
 Giotto est un précurseur. Dans les scènes ils utilisent les principes de la perspective.  Reconnaissables, non seulement par leur style, ses fresques montrent un nouveau traitement dans la technique de la fresque - qui a d'ailleurs permis une meilleure conservation - par rapport à ce qui se faisait auparavant.
Giotto a peint sur des pièces relativement petites d'enduit pouvant être peintes en un jour. Comme l'enduit est toujours humide, le pigment pénètre profondément et uniformément, assurant la conservation des couleurs.



Impression soleil levant

Claude Monet né en 1840 à Paris mort en 1926 à Giverny, peintre impressionniste.

« Que représente cette toile ? Impression ! Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans » écrit le critique d'art Louis Leroy, du Charivari (un journal satirique)

Caricature publiée dans le Charivari, le 10 Avril 1881


Ce tableau a donné son nom au mouvement impressionniste. C'est une véritable révolution contre la peinture classique d'atelier : les peintres sortent en extérieur et représentent directement le motif.



Claude Monet, Impression soleil levant, 1873Huile sur toile





Monet, comme les peintres impressionnistes, ne cherche pas à représenter la scène avec précision mais à montrer un instant précis : le lever du soleil sur le port avec sa lumière particulière. La touche est rapide, il n'y a pas de traits de contours et la couleur a plus d'importance que le dessin.  Grâce aux nouvelles connaissances sur la couleur et à un important travail d'observation, Monet tente de s'approcher de la teinte réellement observée. Il peint une scène du quotidien comme il la ressent, ce qui n'est pas du tout à la mode à cette époque.

Cette recherche est liée à la découverte de la composition de la couleur et à l'usage des couleurs complémentaires (Eugène Chevreul De la loi du contraste simultané des couleurs, publié en 1839). On peut regarder le tableau pour ce qu‟il représente mais aussi comme un ensemble de touches colorées .


La villa de Poppée

Fondée au VIe siècle av. J.-C, Pompéi, en Italie, est célèbre pour avoir été détruite par le Vésuve, en 79. Ce site antique est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997. Oubliée pendant 1 600 ans, elle fut redécouverte par hasard au XVIIe siècle dans un état de conservation inespéré.

La villa à Oplontis

Lieu de résidence des riches Romains, elle offre un témoignage unique sur la vie quotidienne mais aussi sur la maison romaine et son décor. Les murs en sont recouverts de fresques somptueuses : d’une paroi évoquant en trompe l’œil les revêtements de pierres colorées, la peinture s’ouvre sur des architectures et des paysages, évoquant un monde imaginaire et poétique, une Grèce réinventée et rêvée.

Dans la villa de Poppée, épouse de Néron, un thème revient sans cesse : le paon, attribut de Junon, l'épouse de Jupiter. Il est reproduit dans plusieurs pièces.




 


Petite histoire du cadre

Déjà peint sur les fresques des villas à Pompéi, le cadre-objet
n'apparaît qu'au XIIIe siècle, lorsque les peintres
Johann Zoffany, La Tribuna degli Uffizi 1772-78
commencent à utiliser des panneaux de bois comme support.






Avant la Renaissance, au XVe siècle, l'encadrement et
l'œuvre étaient deux pièces indissociables, puis,
jusqu'à la révolution, le cadre devient indépendant et le plus souvent réalisé en bois sculpté.


Par la suite son emploi se généralise et voit l'essor des moulures ornementales appelées "pâtes" (on appellera "pâtisserie" certains cadres richement ornés).
La Chambre du Roi à Oiron, des oeuvres de Claude Rutault se confonde avec la peinture des murs.

Cependant, les diversités architecturales et
picturales de chaque époque ont conduit les
ébénistes, sculpteurs, stuqueurs et autres
ornemanistes à s'en inspirer fidèlement (parfois
inciter par leur corporation), créant ainsi des styles
propres à chaque période de l'histoire.

dimanche 18 novembre 2012

Shirin Neshat, Artiste contemporaine engagée


Shirin Neshat, en persan : شیرین نشاط,
née le 26 mars 1957 à Qazvin en Iran, est une artiste vidéaste et photographe iranienne qui vit à New York.
Issue d'une famille occidentalisée et aisée, son père l'inscrit dans une école catholique de Téhéran. En comparaison à son foyer familial, elle y trouve l'ambiance froide et hostile . Son père l'a encouragée  « à être une personne, à prendre des risques, à apprendre, à voir le monde. », et contrairement à la pratique conventionnelle de l'époque, il a envoyé ses filles aussi bien que ses fils à l'université pour faire des études supérieures. En 1974, elle quitte l'Iran pour étudier l'art à Los Angeles, San Francisco, puis New York.
 En 1990, elle retourne en Iran et découvre le fossé entre l'Iran contemporain et celui d'avant la Révolution.


Women of Allah . 1994 .  est sa première œuvre reconnue
Après son voyage en Iran, au début des années 1990, S. Neshat produit une série photographique de portraits chocs de femmes portant tchador et kalachnikov. Elles sont recouvertes de calligraphie Farsi.



Shirin Neshat, Speechless, 1996, impression numérique et encre
de la série Women of Allah

Shirin Neshat, I am Its Secret, 1993. photographie et calligraphies à l'encre
Son œuvre

- des séries photographiques :
- Unveiling. Pour ces autoportraits, l’artiste porte le tchador et expose seulement les parties d’anatomie (yeux, mains, pieds) que les femmes sont autorisées à montrer au public selon la charia, la Loi islamique. Elle écrit sur les photos et recouvre de calligraphies farsi les parties exposées des corps des femmes.
- The Women of Allah (Les Femmes d'Allah). Neshat s’est photographiée armée et voilée.

- des vidéos : - Anchorage (1996), sous forme d'installations où sont projetées deux vidéos : Ombre sous le Web (1997), Rapture (1999)


 Ce que dit l'artiste :
Shirin Neshat dévoile un portrait de l'Iran encré dans ses tourments et ses espoirs clairs-obscurs... exilée à New York, ne cesse d'interroger le destin de son pays et de brosser le portrait de la société islamique contemporaine. Elle représente les dimensions sociales, politiques de la vie des femmes dans les sociétés islamiques contemporaines, tout en résistant aux stéréotypes de l'Islam. Ses objectifs artistiques sont de reconnaître la complexité des forces intellectuelles et religieuses formant l'identité des femmes musulmanes dans le monde.

Moyens plastiques mis en œuvre :
codes sociaux, culturels et religieux
des sociétés musulmanes
complexité de certaines oppositions et violents contrastes visuels tels que lumière/obscurité, noir/blanc, homme/femme. Elle privilégie ainsi le choc esthétique, poétique, et émotionnel












vendredi 2 novembre 2012

DADA

Kp' erioum, poème de Raoul Hausmann


          Né en Suisse durant la Première Guerre mondiale, le mouvement Dada proclame un mépris rageur pour les valeurs en place, y compris celle de l’art. Après avoir fait table rase de toutes les croyances, l’artiste dada découvre le principe de la liberté absolue en art. L’esprit Dada est un concentré d’énergies (même sous la forme de la bouffonnerie et de la provocation). Il est à l’origine de l’art moderne et contemporain qui inscrit le non-art dans l’art, l'invitant à revoir ses catégories et le sens du beau.


portrait de R. Hausmann à Limoges
ENGAGé,
il s’attaque au rationalisme et aux valeurs du 19e siècle, reflet d’une culture bourgeoise qui conduit au grand carnage de la Première Guerre mondiale, Dada prône le principe de contradiction, le paradoxe, le non sens,
 et refuse la logique.
 
 
 

 
 
 
Les dadaïstes, inventeurs du photomontage.


Raoul Hausmann, ABCD, 1923-24
photomontage, encre de chine
et collage sur papier,
40,4 x 28,2 cm,
Musée national d'art moderne,
Centre Georges Pompidou, Paris
réalisés à partir des découpes de photographies tirées de journaux, combinées aux éléments typographiques de coupures ou de manchettes de presse, pour un effet dynamique de la composition :

- les notions de plan, d’échelle constamment contredits
- impact des lettres et des mots disséminés dans l’œuvre comme des slogans, des cris ou des ordres.






ABCD est le dernier photomontage dadaïste d’Hausmann.

Plus encore que dans tous ses autres photomontages, l’image est ici disloquée et sa perception constamment entravée par des ruptures de plans suggérant des sens contradictoires. Le motif central, son autoportrait photographique, tient comme serrées entre les dents les quatre lettres du début de l’alphabet.
La langue que, déjà dans ses poèmes-affiches et dans ses poèmes phonétiques, Hausmann a détruite, hachée et privée de son sens, s’imposant par son impact visuel, joue avec l’image et les dessins.

 Autour de l’autoportrait, des papiers découpés dans des manuels médicaux, des éléments typographiques à chaque fois différents, des billets de banque tchèques, des allusions à une action Merz, réalisée aux côtés de Schwitters à Hanovre en décembre 1923 où il donna lecture de ses poèmes phonétiques, s’organisent selon plusieurs axes de composition. Mais de cette image, malgré le mot voce (voix en italien), aucun sens cohérent de lecture ne se dégage. Ce qui est à voir et ce qui est à lire ont la même importance dans ce photomontage où la notion de fond et de profondeur s’abolissent.  Manifeste de l’esthétique du non-art, cri lancé en même temps à l’œil et à l’oreille du spectateur, ce montage où rien ne semble tenir en place proclame le mouvement de la vie contre tout académisme .


Raoul Hausmann,
L'esprit de notre temps
(Tête mécanique),
vers 1920, assemblage,
32,5 x 21 x 20 cm.






Par superposition des objets et des surfaces, Raoul Hausmann obtient des images complexes mêlant l’élément visuel, les lettres, les mots, réunissant souvent le monde organique, l’émotionnel et le mécanique.
 Un condensé de l'esprit moderne.


 






 


 

Organisation 2012-2013

La thématique pour les 3èmes, cette année : art et engagement


-       Chaque élève doit se constituer un  classeur personnel dhistoire des arts, sur les œuvres quil étudie en classe ou sur celles quil choisit détudier personnellement.

       Afin dêtre guidé dans lélaboration du cahier personnel et mieux préparé à lépreuve finale, chacun est suivi par un professeur tuteur. Chaque élève se voit attribuer un ''tuteur'' pour l'année à venir au "chapeau"(de façon arbitraire par tirage au sort)

       Le tuteur vérifie le travail de l'élève, lui donne des conseils de méthodologie, vérifie le suivi du calendrier pour la préparation de l'épreuve (dans le carnet d'accompagnement de l'élève : une pochette plastique HdA où classer tous les documents remis par chaque discipline).

En aucun cas le tuteur n'est chargé de l'apport de connaissance d'histoire des arts : cela se fait en classe dans les différentes disciplines. Si l'élève a des questions de ce type, il s'adressera aux professeurs ressources concernés (hist-géo, arts plas., éd. musicale ou lettres, etc)

      
 

-       En juin, chaque élève passe une épreuve orale (coefficient 2 au brevet).

     Lélève présente au jury une liste de cinq œuvres du XXe s. quil choisit parmi celles étudiées en classe. Toutefois, parmi les cinq, il peut en présenter une qui relève de son choix personnel, et deux situées en dehors du XXe s.

Chaque élève doit communiquer sa liste dœuvres au moins une semaine avant la date de lépreuve.
Chaque œuvre présentée doit faire lobjet dun petit diaporama.
Le jour de lépreuve, le jury choisit, parmi la liste proposée par lélève, lœuvre sur laquelle porte lexposé.

 
Loral se déroule en deux temps :
·         Un exposé denviron cinq minutes avec présentation du diaporama de lœuvre choisie par le jury
·         Un entretien dune dizaine de minutes avec le jury, portant sur les œuvres de la liste présentée par lélève.