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jeudi 15 janvier 2015

Les demeures de Charles Simonds


Charles Simonds est né à New York en 1945. 
Il est une figure majeure de la scène artistique internationale des cinquante dernières années. Créateur prolifique, proche des artistes environnementalistes américains et du Land Art comme Robert Smithson, il a construit une œuvre originale à travers la sculpture, la performance, le film et l’architecture.


Dès 1970, il invente une civilisation d'hommes minuscules :les little people
Ils vivraient dans des habitations de petites briques assemblées avec minutie.
Charles Simonds construit leurs demeures, à demi ruinées, dans les quartiers populaires de New York, en incrustant ses "Dwellings" de terre glaise, tels des joyaux, aux murs lépreux de bâtisses abandonnées. 



Les passants le regardent travailler et se mettent à lui raconter les difficultés de leur vie; le sculpteur évoque les générations successives, les chasseurs séjournant dans les failles des parties hautes et les pasteurs qui vivaient en bas.
Les demeures fragiles
ont une vie éphémère , soumises aux intempéries et à la bonne garde des habitants.
Dans la brèche d’un mur de briques, sur le rebord d’une fenêtre rarement ouverte, au bord abîmé d’un trottoir au ras de la chaussée ou sur un tas de gravats restant de la destruction d’un bâtiment, Charles Simonds appose une couche irrégulière de glaise à modeler qu’il saupoudre ensuite de sable, de poussière. Puis, à l’aide d’une pincette, il pose des minuscules parpaings de terre formant des sortes de hameaux, de villages plus ou moins achevés ou paraissant ruinés (voir les films Dwellings, 1972, réalisé par David Troy, et Dwellings Winter, 1974, réalisé par Rudy Burckhardt).


Au cours de voyages, Charles Simonds a continué son travail minutieux, à Pékin, à Paris ou à Venise; chaque fois les petites briques s'accrochent aux murs décrépits et servent de lien entre lui et les populations locales.


 
Ces constructions présentent la facture archéologique d’une civilisation précolombienne imaginaire disparue, mais fortement inspirée de l’architecture des indiens d’Amérique pueblo. 


Parc national du Mesa Verde
Le parc national de Mesa Verde ( « Plateau vert » en espagnol) est un parc national des Etats-Unis d'Amérique, situé dans le sud-ouest de l’État du Colorado.
L'ancien village troglodyte de Cliff Palace, dans le Mesa Verde
Ce site a été occupé entre les VIe et XIVe siècles par des Amérindiens Anasazis, ancêtres des Pueblos, qui y construisaient des bâtiments troglodytiques sous les falaises du canyon. Il est un des rares exemples persistants à ce jour de la culture amérindienne.Les villages avaient leurs fonctions propres, qui pouvaient être soit agricole, artisanale ou religieuse.

Actuellement, il ya des villages pueblos en Arizona, au Nouveau-Mexique et dans la vallée du Rio Grande. La très grande majorité des Indiens pueblos parle anglais, en plus de la langue première : le Hopi, le Keresan, le Tewa et le Zuñi.
Ces pueblos sont toujours habités, bien que beaucoup de familles se soient installées dans des villages aux environs et ne reviennent qu'au moment des cérémonies. Chaque pueblo tire une grande partie de leurs ressources du tourisme (entrée du pueblo, vente d'objets artisanaux comme la poterie). Quelques-uns ont ouvert des casinos et des terrains de golf.


Significations : 

Son travail engage une réflexion complexe mettant en relation, comparable,
d'une part, les statuts ambigus de l’artiste comme individu « non fonctionnel » et d'autre part, ceux des indiens d’Amérique comme communauté survivante d’un génocide et d’un monde irrémédiablement disparu.

Ces communautés apparaissent comme étrangères à l’ordre établi de l’avoir d'une société de consommation américaine , ils ne survivent pourtant qu’à l’abri des failles de l’« enfer climatisé » du capitalisme néolibéral tout en lui résistant par leur différence irréductible et leur culture.
  


Charles Simonds poursuit son oeuvre de nos jours. Il se concentre sur des sculptures qui ne sont plus installées in situ dans la rue ; mais qui conservent ses techniques et matériaux initiaux.

Pour en savoir beaucoup plus, RDV sur le site de l'artiste : http://www.charles-simonds.com/dwellings.html

vendredi 18 janvier 2013

Joseph Beuys, un artiste socialement engagé


Joseph Beuys, né à Krefeld, en 1921 et décédé, en 1986 à Düsseldorf, est un artiste allemand qui a produit en nombre des dessins, sculptures, performances, vidéos, ou encore installations. Très engagé politiquement, sontravail questionne les thèmes de l'humain, de l'écologie, de la société et de l'environnement. Il invente le concept de « sculpture sociale » . Il pense que tout homme est artiste, et que si chacun utilise sa créativité, tous seront libres. Il imagine une Œuvre d'art totale à l'échelle de toute une société réinventée.


Un événement va être déterminant pour la suite de sa vie : pilote de la Luftwaffe sur le front russe pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’écrase en Crimée. Il raconte alors que, recueilli par des nomades tatares qui l’ont nourri de miel, il est revenu à la vie, recouvert de graisse et enroulé dans des couvertures de feutre. Ces éléments qui lui auraient sauvé la vie deviennent des matériaux primordiaux dans sa production artistique.


Ainsi, il  inclut dans ses installations des matériaux organiques qui lui tiennent à cœur depuis son accident d’avion : le feutre qui isole du froid, la graisse symbole de chaleur et d’énergie, le miel, mais aussi la cire d’abeille, la terre, le beurre, les animaux morts, le sang, les os, le soufre, le bois, la poussière, les rognures d’ongle, les poils. Ces derniers matériaux montrent la réutilisation par Beuys des déchets, non pas pour les magnifier, mais pour les mettre au service de l’art et explorer leur matérialité.






Une mythologie personnelle :
L'artiste s'invente s'invente un
personnage. Une sorte d'artiste
chamane, un guérisseur de la société et de ses maux. (Joseph Beuys suivait
des études de médecine avant leur
interruption par la guerre.)







 Définition : Une performance : une action menée par l'artiste face à un public. Elle a un scénario, des accessoires et interroge le corps-même.

L'oeuvre : I like America and America likes Me, 1974
Contexte : ouverture de la galerie René Block à New York en mai 1974.
durant la guerre du Vietnam.
Durée : pendant trois jours


Le déroulement (scénario) de la performance :
Joseph Beuys débute cette action alors qu’une exposition est annoncée à New York, en mai 1974, dans la galerie René Block. Une ambulance se présente à son domicile à Düsseldorf, en Allemagne. Il est alors pris en charge sur une civière, emmitouflé dans une couverture de feutre.


Alors s'accomplit un voyage en avion à destination des États-Unis, toujours isolé dans son étoffe. À son arrivée à l’aéroport Kennedy de New York, une autre ambulance l’attend. 

 

 

 

Surmontée d'un gyrophare et
escortée par les autorités américaines, elle le transporte jusqu’au lieu d’exposition. De cette façon, Beuys ne foulera jamais le sol américain à part celui de la galerie : il avait en effet refusé de poser le pied aux Etats-Unis tant que durerait la guerre du Viet-Nam. 

 

 

Il coexiste ensuite
pendant trois jours avec un coyote sauvage, récemment capturé dans le
désert du Texas, qui attend derrière un grillage. 

Avec lui, Beuys joue de
sa canne, de son triangle et de sa lampe torche. 

 

Il porte son habituel
chapeau de feutre et se recouvre d’étoffes, elles aussi en feutre, que le
coyote s’amuse à déchirer.

 

 

Filmés et observés par les visiteurs derrière un grillage, l’homme et l’animal partagent ensemble le feutre, la paille et le territoire de la galerie avant que l’artiste ne reparte comme il était venu.
 


 

Interprétation
L'artiste évoque le fossé existant entre la nature et les villes modernes ; les Amérindiens décimés dont il commémore le massacre lors de la conquête du pays.
Pour certains, Beuys engage ici une action chamanique (de sorcier), en représentant l’esprit de l’homme blanc et le coyote celui de l’Indien. Il essaie de réconcilier l’esprit des Blancs et l’esprit des Indiens d’Amérique.




Joseph Beuys - Sonne statt Reagan 1982 

 

Newborn, l'être humanoÏde réinventé



Œuvre : Reproduction photographique d'une sculpture réalisée en 2010.

Artiste : Patricia PICCININI, artiste contemporain australienne, née à Freetown, en Sierra Leone, en 1965.

Patricia PICCININI travaille depuis les années 90 aux rapports entre la nature, les sciences et les biotechnologies.
Elle crée un monde surréaliste où la bête et l'Homme ne font qu'un. Elle interroge sur le concept de « normalité », sur la médecine et son éthique.

Cette sculpture est en silicone, fibres de verre, cheveux humains, peau d’opossum de Nouvelle Zélande.

Mme Combealbert, SVT

Quel engagement pour l'art génétiquement modifié?


La lapine Alba, d’Eduardo KAC.



Œuvre : Reproduction photographique d’une œuvre réelle : une lapine fluorescente née en 2000.

Artiste : Eduardo KAC, artiste contemporain né en 1962 à Rio de Janeiro (Brésil)



Eduardo Kac, professeur à Chicago, rêve de fabriquer, par manipulation génétique, des êtres vivants uniques destinés à ses œuvres d'art.
Il a donc demandé qu'on lui prête Alba pour pouvoir la photographier.
Eduardo Kac met en avant un nouveau domaine de l'art contemporain : L'art transgénique
Cela aboutit à une évolution de l'art contemporain que l'on appelle le Bio-Art.


Alba est une lapine albinos tout à fait ordinaire.
Elle a été fabriquée en laboratoire par des chercheurs français selon la méthode de manipulation génétique.
Pour donner naissance à Alba, on a introduit un gène responsable de la fabrication d’une protéine fluorescence dans une cellule de lapin avant de la greffer dans un embryon.
Ce qui explique pourquoi Alba devient vert fluorescent lorsqu'on l'éclaire à la lumière noire.



Mme Combealbert, SVT

dimanche 18 novembre 2012

Shirin Neshat, Artiste contemporaine engagée


Shirin Neshat, en persan : شیرین نشاط,
née le 26 mars 1957 à Qazvin en Iran, est une artiste vidéaste et photographe iranienne qui vit à New York.
Issue d'une famille occidentalisée et aisée, son père l'inscrit dans une école catholique de Téhéran. En comparaison à son foyer familial, elle y trouve l'ambiance froide et hostile . Son père l'a encouragée  « à être une personne, à prendre des risques, à apprendre, à voir le monde. », et contrairement à la pratique conventionnelle de l'époque, il a envoyé ses filles aussi bien que ses fils à l'université pour faire des études supérieures. En 1974, elle quitte l'Iran pour étudier l'art à Los Angeles, San Francisco, puis New York.
 En 1990, elle retourne en Iran et découvre le fossé entre l'Iran contemporain et celui d'avant la Révolution.


Women of Allah . 1994 .  est sa première œuvre reconnue
Après son voyage en Iran, au début des années 1990, S. Neshat produit une série photographique de portraits chocs de femmes portant tchador et kalachnikov. Elles sont recouvertes de calligraphie Farsi.



Shirin Neshat, Speechless, 1996, impression numérique et encre
de la série Women of Allah

Shirin Neshat, I am Its Secret, 1993. photographie et calligraphies à l'encre
Son œuvre

- des séries photographiques :
- Unveiling. Pour ces autoportraits, l’artiste porte le tchador et expose seulement les parties d’anatomie (yeux, mains, pieds) que les femmes sont autorisées à montrer au public selon la charia, la Loi islamique. Elle écrit sur les photos et recouvre de calligraphies farsi les parties exposées des corps des femmes.
- The Women of Allah (Les Femmes d'Allah). Neshat s’est photographiée armée et voilée.

- des vidéos : - Anchorage (1996), sous forme d'installations où sont projetées deux vidéos : Ombre sous le Web (1997), Rapture (1999)


 Ce que dit l'artiste :
Shirin Neshat dévoile un portrait de l'Iran encré dans ses tourments et ses espoirs clairs-obscurs... exilée à New York, ne cesse d'interroger le destin de son pays et de brosser le portrait de la société islamique contemporaine. Elle représente les dimensions sociales, politiques de la vie des femmes dans les sociétés islamiques contemporaines, tout en résistant aux stéréotypes de l'Islam. Ses objectifs artistiques sont de reconnaître la complexité des forces intellectuelles et religieuses formant l'identité des femmes musulmanes dans le monde.

Moyens plastiques mis en œuvre :
codes sociaux, culturels et religieux
des sociétés musulmanes
complexité de certaines oppositions et violents contrastes visuels tels que lumière/obscurité, noir/blanc, homme/femme. Elle privilégie ainsi le choc esthétique, poétique, et émotionnel