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jeudi 11 avril 2013

Rubens, L’enlèvement des Filles de Leucippe, v 1618, huile sur toile, 224x211cm, Munich




Il s'agit de la représentation du mythe grec de l’enlèvement d'Hilaera et Phoebe, filles du roi Leucippe, par les jumeaux divins Castor et Pollux.
Rubens est un peintre appartenant au mouvement baroque : une œuvre baroque est souvent spectaculaire, elle doit impressionner grâce à sa composition complexe et son exubérance (débordant de vie).

La composition : les lignes de force


Les postures cambrées des personnages et les positions de leurs bras créent des lignes dynamiques dans la composition et amènent l'impression du mouvement.

Il s'agit d'une scène d’enlèvement. Rubens donne ici l'impression d'un grand tumulte, d'une grande agitation.

L'opposition, le contraste


Rubens établit des contrastes de couleurs et de textures : les femmes ont la peau très claire et luisante et les hommes la peau très foncée et mâte, les mains masculines colorées et musculeuses contrastent avec les mains féminines grasses et nacrées.
Trois zones colorées (rouge et jaune vif) viennent également relever la composition pour lui donner encore plus de dynamisme.




Mme Bierne

dimanche 10 février 2013

Eugène Delacroix, Sardanapale : des études à l'oeuvre

Arts, espace et temps : La genèse d'une œuvre d'art

 Delacroix, Étude pour la Grèce à Missolonghi et la liberté guidant le peuple, encre brune, mine de plomb,Musée Delacroix,

 « Ébaucher et finir en même temps, contenter l'imagination et la réflexion du même jet »
Delacroix.




Eugène Delacroix (1798-1863), La Mort de Sardanapale (1827), 392 x 496 cm, huile sur toile, musée du Louvre, Paris



« Les révoltés l'assiégèrent dans son palais [...]. Couché sur un lit superbe, au sommet d'un immense bûcher, Sardanapale donne l'ordre à ses eunuques et aux officiers du palais d'égorger ses femmes, ses pages, jusqu'à ses chevaux et ses chiens favoris ; aucun des objets qui avaient servi à ses plaisirs ne devait lui survivre. » 
Eugène Delacroix, livret du Salon (2e supplément), 1827




Le romantisme 
 

Les peintres romantiques laissent libre cours à leur imagination et expriment leur sensibilité à travers le rêve, l’évasion ou l’exotisme.

Leurs œuvres, tout en mouvement et aux couleurs plutôt chaudes, sont parfois pleines de tourment, de violence, de sensualité, de passion et de sentiments.





Du récit à l’œuvre 
 

Inspiré par le Sardanapale (Sardanapalus, 1821) du poète anglais Lord Byron, l'un des écrivains phare du romantisme. Le poème raconte la fin tragique de ce roi légendaire d’Assyrie, qui, voyant le pouvoir lui échapper à la suite d’une conspiration, choisit, lorsqu'il se rendit compte que sa défaite était inéluctable, de se jeter en compagnie de sa favorite, Myrrha, une esclave ionienne, dans les flammes d’un gigantesque bûcher. Or, Delacroix représente Sardanapale sacrifiant tous ses sujets.



C'est que Delacroix emprunte le thème du sacrifice des femmes, des chevaux et du trésor à un autre auteur, antique cette fois, Diodore de Sicile, qui, dans sa Bibliothèque historique, raconte une scène analogue : « Pour ne pas se retrouver prisonnier de l’ennemi, il fit installer dans son palais un gigantesque bûcher sur lequel il plaça son or, son argent et tous ses habits de monarque ; s’enfermant avec ses femmes et ses eunuques dans un espace aménagé au milieu du bûcher, il se laissa ainsi brûler avec ses gens et son palais. »









Des œuvres à l’œuvre



A demi-allongé, la tête dans la main, barbu et enturbanné, Sardanapale rappelle les sultans moghols ou qadjars, les statues antiques, les figures de Michel-Ange, le Michel-Ange dans son atelier de Delacroix, le Jérémie pleurant sur la destruction de Jérusalem de Rembrandt, l'Héraclite de L’ Ecole d’Athènes de Raphaël. 



 



Des esquisses à l’œuvre



Les nombreuses feuilles d'études préparatoires, esquisses, ébauches, où il analyse un à un, pendant six mois, les mouvements variés des corps, leurs postures, les accessoires, les groupes, la tension de la scène, sa dynamique et l’intensité des expressions, témoignent du désir de Delacroix de désir de saisir la composition d’ensemble avec vérité tout en conservant sa spontanéité.






 

  


 

Des fantasmes sur l'Orient à la recherche de réalité 
 

L’Orient est, à cette époque, un objet de fascination, auquel l’époque prête tout ce qu’elle n’assume pas chez elle : barbarie, passion, sensualité débridée. L’histoire de Sardanapale fonctionne comme un réservoir de possibles pour Delacroix qui n'a pourtant jamais voyagé en orient.

Il partira quatre ans plus tard, en 1832, voyager en Afrique du Nord, au Maroc puis en Algérie. Il y réalisera de nombreux carnets de croquis annotés qui lui servirons à son retour pour réaliser des tableaux.

Au fil du voyage, il emplit ses carnets de croquis et d'aquarelles. Un répertoire inépuisable des formes et des couleurs qui embraseront plus tard toutes ses toiles inspirées par la passion de l'Orient.





vendredi 7 décembre 2012

Impression soleil levant

Claude Monet né en 1840 à Paris mort en 1926 à Giverny, peintre impressionniste.

« Que représente cette toile ? Impression ! Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans » écrit le critique d'art Louis Leroy, du Charivari (un journal satirique)

Caricature publiée dans le Charivari, le 10 Avril 1881


Ce tableau a donné son nom au mouvement impressionniste. C'est une véritable révolution contre la peinture classique d'atelier : les peintres sortent en extérieur et représentent directement le motif.



Claude Monet, Impression soleil levant, 1873Huile sur toile





Monet, comme les peintres impressionnistes, ne cherche pas à représenter la scène avec précision mais à montrer un instant précis : le lever du soleil sur le port avec sa lumière particulière. La touche est rapide, il n'y a pas de traits de contours et la couleur a plus d'importance que le dessin.  Grâce aux nouvelles connaissances sur la couleur et à un important travail d'observation, Monet tente de s'approcher de la teinte réellement observée. Il peint une scène du quotidien comme il la ressent, ce qui n'est pas du tout à la mode à cette époque.

Cette recherche est liée à la découverte de la composition de la couleur et à l'usage des couleurs complémentaires (Eugène Chevreul De la loi du contraste simultané des couleurs, publié en 1839). On peut regarder le tableau pour ce qu‟il représente mais aussi comme un ensemble de touches colorées .