vendredi 2 novembre 2012

DADA

Kp' erioum, poème de Raoul Hausmann


          Né en Suisse durant la Première Guerre mondiale, le mouvement Dada proclame un mépris rageur pour les valeurs en place, y compris celle de l’art. Après avoir fait table rase de toutes les croyances, l’artiste dada découvre le principe de la liberté absolue en art. L’esprit Dada est un concentré d’énergies (même sous la forme de la bouffonnerie et de la provocation). Il est à l’origine de l’art moderne et contemporain qui inscrit le non-art dans l’art, l'invitant à revoir ses catégories et le sens du beau.


portrait de R. Hausmann à Limoges
ENGAGé,
il s’attaque au rationalisme et aux valeurs du 19e siècle, reflet d’une culture bourgeoise qui conduit au grand carnage de la Première Guerre mondiale, Dada prône le principe de contradiction, le paradoxe, le non sens,
 et refuse la logique.
 
 
 

 
 
 
Les dadaïstes, inventeurs du photomontage.


Raoul Hausmann, ABCD, 1923-24
photomontage, encre de chine
et collage sur papier,
40,4 x 28,2 cm,
Musée national d'art moderne,
Centre Georges Pompidou, Paris
réalisés à partir des découpes de photographies tirées de journaux, combinées aux éléments typographiques de coupures ou de manchettes de presse, pour un effet dynamique de la composition :

- les notions de plan, d’échelle constamment contredits
- impact des lettres et des mots disséminés dans l’œuvre comme des slogans, des cris ou des ordres.






ABCD est le dernier photomontage dadaïste d’Hausmann.

Plus encore que dans tous ses autres photomontages, l’image est ici disloquée et sa perception constamment entravée par des ruptures de plans suggérant des sens contradictoires. Le motif central, son autoportrait photographique, tient comme serrées entre les dents les quatre lettres du début de l’alphabet.
La langue que, déjà dans ses poèmes-affiches et dans ses poèmes phonétiques, Hausmann a détruite, hachée et privée de son sens, s’imposant par son impact visuel, joue avec l’image et les dessins.

 Autour de l’autoportrait, des papiers découpés dans des manuels médicaux, des éléments typographiques à chaque fois différents, des billets de banque tchèques, des allusions à une action Merz, réalisée aux côtés de Schwitters à Hanovre en décembre 1923 où il donna lecture de ses poèmes phonétiques, s’organisent selon plusieurs axes de composition. Mais de cette image, malgré le mot voce (voix en italien), aucun sens cohérent de lecture ne se dégage. Ce qui est à voir et ce qui est à lire ont la même importance dans ce photomontage où la notion de fond et de profondeur s’abolissent.  Manifeste de l’esthétique du non-art, cri lancé en même temps à l’œil et à l’oreille du spectateur, ce montage où rien ne semble tenir en place proclame le mouvement de la vie contre tout académisme .


Raoul Hausmann,
L'esprit de notre temps
(Tête mécanique),
vers 1920, assemblage,
32,5 x 21 x 20 cm.






Par superposition des objets et des surfaces, Raoul Hausmann obtient des images complexes mêlant l’élément visuel, les lettres, les mots, réunissant souvent le monde organique, l’émotionnel et le mécanique.
 Un condensé de l'esprit moderne.


 






 


 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire